Selon un sondage américain réalisé en 2018, 58% des femmes ont honte d’avoir leurs règles. Et même pour celle qui n’en ont pas vraiment honte, il faut avouer que ce n’est souvent pas une partie de plaisir. Entre inconfort, difficultés à changer ses protections périodiques, douleurs ou carrément impossibilité de se lever, on s’est toutes dit à un moment donné : « Oh non, pas maintenant ».
Et pourtant, si on pouvait changer notre façon de voir notre cycle menstruel, est-ce que cela changerait notre vie ?
En effet, il est possible de changer de point de vue, de voir le cycle menstruel de manière plus positive et même de se servir de lui pour améliorer notre vie. C’est le projet du Mouvement Kiffe ton Cycle de dé-diaboliser le cycle menstruel et d’en faire un allier au service des femmes.
Tout d’abord, les règles ne sont que la partie émergée de l’iceberg, la partie que l’on voit.
En réalité, notre cycle menstruel se divise en 4 parties, 4 phases pendant lequel, il se passe tout un tas d’autres choses, à la fois physiologiques mais aussi psychologiques.
Gaëlle Baldassari, la créatrice du Mouvement Kiffe Ton Cycle utilise la métaphore d’une session de surf pour illustrer chacune des 4 phases du cycle.

Un nouveau cycle commence le 1er jour des règles. Voyons donc cette 1ère phase, que l’on appelle menstruations, et qui nous pose tant de problèmes.
C’est une phase de transition qui marque la fin d’un cycle non fécondant mais aussi le début d’une nouvelle histoire. Nos hormones sexuelles sont au plus bas, on se sent souvent fatiguée, on peut ressentir le besoin de se retrouver seule, avec nous même. C’est parfois un peu destabilisant dans la frénésie de la société actuelle mais c’est tout à fait normal et au final bénéfique.
En surf, on dirait qu’on est « posée sur la planche« , entre deux vagues. C’est le moment de faire le bilan, de prendre du recul sur ce qui s’est passé lors du cycle précédent et commencer à observer la prochaine vague qui arrive et prévoir comment on souhaite l’aborder. Alors, à vos to do-list ! Profiter de ces jours pour vous reposer et choisir ce que vous avez envie de faire au cours des prochaines semaines.

Ensuite, une fois que l’on a choisit la bonne vague, vient le moment de la « prise d’élan« . Elle correspond à la phase folliculaire, pendant laquelle un de nos follicules va grossir, grossir et maturer. Ce faisant, il va produire de plus en plus d’oestrogènes. Or les oestrogènes, c’est un peu notre pédale d’accélérateur. Notre énergie remonte en flèche et on a envie de faire plein de choses. C’est souvent une période où on est dans l’action, on peut se surprendre à oser faire de nouvelles choses.
Attention toutefois, cette énergie peut partir dans tous les sens. On peut commencer plein de truc, s’éparpiller et ne rien finir. On peut s’activer toute la journée et avoir l’impression, à la fin de la journée, de n’avoir rien fait. D’où l’importance des to do-list réalisées lors de la phase « Posée sur la planche » et de l’orientation que l’on aura décidée à ce moment-là.

La phase qui vient après, c’est l’ovulation. Et la nature étant bien faite, tout notre corps, notre physiologie est tournée vers l’objectif archaïque de se reproduire pour la survie de l’espèce (à part peut-être notre mental, qui n’est pas forcément tout le temps d’accord avec ça). Donc, cette phase est marquée par une envie de communiquer, d’être en relation avec les autres. Dans la métaphore du surf, on est « debout sur la planche« , on rayonne.
Moi qui suis très timide, je me surprend parfois à, tout d’un coup, raconter ma vie à la pharmacienne ou à mon nouveau banquier. Est-ce que ça vous parle ? Si vous aussi, vous remarquez cela, demandez-vous à quel moment de votre cycle êtes-vous ?
C’est aussi une phase où, en générale, on se sent plutôt jolie, on a envie de plaire, de faire plaisir. On dit souvent oui aux autres, en particulier quand c’est pour être avec eux.
Et, bien sûr, l’ovulation est marquée par un pic de sécrétion de testostérone, ce qui explique l’augmentation de libido. On a tendance à aimer tout le monde, notre désir est à son paroxysme.

Après ces deux phases qui paraissent plutôt agréables, on entre dans ce qu’on appelle, en surf, « le tube« . Cela correspond à la phase lutéale, pendant laquelle, notre corps espère la mise en route d’une grossesse et va donc faire en sorte de préparer l’accueil et l’implantation d’un embryon.
Au niveau émotionnel, c’est une étape qui peut-être un peu tumultueuse car sous le joug de deux hormones antagonistes :
- Les oestrogènes, que l’on a vu tout à l’heure, et qui correspondent à l’accélérateur
- La progestérone, qui elle, correspond plus à la pédale de frein. C’est elle qui va nous faire ralentir le rythme, qui nous fait voir tout en noir et nous aide à pointer tout ce qui ne va pas.
Notre radar a problème se met en branle mais il est compensé par notre créativité qui est souvent plus importante durant cette phase pour pouvoir trouver des solutions à tous ces problèmes. Mais méfiez-vous tout de même, certaines solutions que nous imaginons peuvent être, comment dire, radicales. On peut par exemple avoir envie de changer de travail, voire de conjoint quand celui-ci nous énerve trop. Ce serait dommage de le regretter ensuite. Aussi, il vaut mieux identifier les problèmes, noter les solutions envisagées et les ré-examiner dans la phase suivante, une fois « posée sur notre planche », phase qui, souvenez-vous, va nous permettre de prendre du recul sur les problèmes et organiser les projets que nous souhaitons VRAIMENT mettre en œuvre.
De la même façon, la progestérone va faire baisser notre immunité, toujours dans le but de pouvoir accueillir un bébé, qui est pour moitié étranger à notre corps. Or, pour compenser, nous avons souvent envie de nettoyer, ranger, trier pendant la période du tube.
Comme quoi, cette période pas vraiment sympathique à la base et surtout perturbante par son alternance de accélérateur / frein, peut quand même nous apporter des ressources intéressantes.
Globalement, le cycle nous permet de fonctionner en permanence en mode projet, sur une durée somme toute assez courte (environ un mois). On y retrouve les 4 phases de la gestion de projet : planification, action, communication, correction / amélioration.
Alors qui a dit qu’une femme ne pouvait pas être une grande gestionnaire de projet ?
Partage nous en commentaire ce que t’inspire le cycle menstruel en général et le tien en particulier.
Si tu as envie d’en savoir un peu plus, n’hésite pas à participer à un atelier Kiffe Ton Cycle.

6 réflexions au sujet de “Surfer sur son cycle menstruel”