Le cycle menstruel est comme un pièce de théâtre, ou peut-être un ballet, qui se répète chaque mois et dont le but est avant tout de se reproduire.
On pense souvent que la finalité du cycle, ce sont les règles parce que c’est le signe de la fin du cycle (et donc du début du cycle suivant). Mais comme toutes les espèces vivantes, nous avons deux objectifs archaïques principaux : survivre et se reproduire. Et, même si aujourd’hui, les conditions de vie font que notre mental a restreint voire supprimer cette préoccupation (et ça fait parti des choix personnels de chacun donc il n’est pas question de discuter de ça ici). Si je vous en parle, c’est pour bien comprendre que tout notre corps a été programmé, conditionné pour cet objectif de se reproduire et cela permet d’expliquer plein de comportements un peu instinctif que l’on a gardé malgré tout.
Alors revenons un peu à notre pièce de théâtre cyclique et faisons connaissance avec les acteurs.

Phase 1 : Menstruation
On l’a vu dans les précédents articles (cf Q&R sur le cycle menstruel), le cycle débute le 1er jour des règles. Les menstruations se déclenchent parce que la quantité des hormones, que l’on va découvrir tout de suite, dans le sang est très basse. C’est le signe que la fécondation n’a pas eu lieu. Il est temps de nettoyer, faire de la place pour redémarrer un nouveau cycle.
Phase 2 : Phase folliculaire

Pendant la 2ème phase du cycle, qu’on appelle phase folliculaire, les 1ères hormones à entrer en scène sont des hormones produites par le cerveau, et plus particulièrement l’hypophyse : la FSH (Follicule Stimulating Hormone) et la LH (Luteinizing Hormone). Ces hormones vont passer dans le sang et aller jusqu’aux ovaires. Au niveau des ovaires, la FSH va avoir pour rôle de stimuler, maturer et faire grossir des follicules (sorte d’enveloppes qui contiennent chacun un ovule).
Les follicules en grossissant vont produire de plus en plus d’oestrogènes. Et les oestrogènes produites vont faire, ce qu’on appelle un retro contrôle négatif, c’est-à-dire qu’ils vont limiter la production de LH et FSH.
Donc, en 1ère partie de cycle, on a un peu de LH et de FSH, produites au niveau du cerveau, et surtout de plus en plus d’oestrogènes, produites par les follicules au niveau des ovaires.
Phase 3 : Ovulation
Puis, quand le taux d’oestrogènes dépasse un certain seuil (200pg/mL de sang), c’est le signe que le follicule le plus mature est prêt et ça va stopper le retro contrôle négatif. On va donc assister à un pic de FSH et surtout de LH.
Ce pic de LH est le signal de l’ovulation, le follicule mature va s’ouvrir et libérer l’ovule. L’ovulation se passe, en général, 24 à 36 heures après ce pic de LH.
Parallèlement, comme les follicules ne grossissent plus, le taux d’oestrogènes va diminuer progressivement.
Phase 4 : Phase lutéale

On passe alors à la 4ème partie du cycle : la phase lutéale.
Pendant cette phase, la production de LH et FSH est très faible. On retrouve surtout :
- la progestérone, synthétisée par le corps jaune (le corps jaune, c’est l’enveloppe qui reste du follicule mature après libération de l’ovule). S’il y a fécondation, le corps jaune va perdurer pendant les 1ères semaines de la grossesse pour permettre son démarrage et la nidation de l’œuf fécondé. S’il n’y a pas fécondation, le corps jaune va progressivement disparaître, ce qui va entraîner une diminution que la quantité de progestérone.
- les oestrogènes qui reviennent sur le devant de la scène, mais de manière moins importante que la progestérone, et qui vont également diminuer à la fin de la phase lutéale pour pouvoir déclencher les menstruations s’il n’y a pas eu de fécondation.
Enfin, il y a un 5e acteur, la testostérone, qui a un rôle un peu moins important que chez les hommes mais qui intervient également chez la femme. Elle est surtout présente au moment de l’ovulation et elle va venir booster la libido pour, évidemment, favoriser la reproduction.
Maintenant que je vous ai expliqué tout ça, vous vous dîtes sans doute : “Elle est gentille, Nolwenn, et c’est super intéressant ce qu’elle raconte” (enfin j’espère que c’est ce que vous vous dîtes), mais je ne doute pas que vous ajoutiez : “Mais concrètement, qu’est-ce que ça a à voir avec l’énergie et les ressentis que je peux avoir dans mon cycle menstruel ?”
Ne vous inquiétez pas, je ne vais quand même pas vous laissez avec vos questions. Donc reprenons les hormones produites au niveau de nos ovaires et voyons un peu l’impact qu’elles peuvent avoir, cette fois, non pas sur nos fonctions physiologiques, mais sur notre énergie.
Un tour de cycle de mes énergies
Tout d’abord, les oestrogènes peuvent être considérées comme un booster d’énergie. C’est un peu la pédale d’accélérateur de notre corps. Lorsqu’elles sont produites en quantité élevé, on a tendance à déborder d’énergie et de motivation. Aussi, pendant la phase folliculaire, la 2ème phase du cycle, on va avoir envie de faire plein de choses et on ressent moins la fatigue qu’à d’autres périodes.
On l’a vu pendant l’ovulation, la testostérone est très présente et va venir booster la libido mais pas que. Elle va aussi nous inciter à plus de confiance en nous, plus de socialisation. C’est une période pendant laquelle on va se sentir bien, en confiance et avoir envie de rencontrer des gens. Je le rappelle, un des 2 objectifs archaïques du corps est la reproduction et il est plus facile de se reproduire lorsque l’on a envie d’aller vers les autres.
Puis, 4ème phase, la phase lutéale est surtout marquée par la production de progestérone, qui, elle, correspondrait plutôt à la pédale de frein, pour reprendre la même analogie. Ce qui explique que, pendant cette phase, on aille un peu moins de l’avant, on se sente un peu plus fatiguée, envie de se mettre plus en retrait. Mais, souvenez-vous, les oestrogènes sont également présents dans cette phase, ce qui peut donner cette impression de je freine / j’accélère successivement en permanence. Un pas en avant, 2 pas en arrière. J’ai envie puis, j’ai pas envie. Bref, on peut se sentir quelque peu cyclothymique et souvent chamboulée par nos réactions.
C’est une période parfois pas évidente à vivre pour nous et souvent difficile à comprendre pour les gens qui nous entourent. Mais c’est aussi tout l’enjeu de comprendre ce qui nous arrive et de pouvoir l’expliquer pour que cela se passe mieux.
Enfin, vous l’aurez compris, pendant la phase des menstruations, les niveaux d’hormones sont au plus bas, donc peu d’énergie, un besoin de se recentrer sur soi avant de repartir pour un tour.

Voilà, nous venons de faire rapidement un tour des énergies de notre cycle menstruel.
Et toi, as-tu déjà ressentis ces variations d’énergies, ces émotions un peu contradictoires ? Quel est ton sentiment par rapport à ton cycle menstruel ? Partage-le nous en commentaire.
Vous pouvez également lire l’article “Surfer sur mon cycle menstruel” pour voir plus en détail, les énergies de chaque phase du cycle. Vous pouvez également m’envoyer un message pour vous inscrire à un atelier Kiffe Ton Cycle et expérimenter toute ces énergies de manière vraiment plus personnelle (plus d’informations sur les ateliers Kiffe Ton Cycle sur la Page Mes prestations).
