Cycle menstruel

Q&R sur le cycle menstruel

Dans cet article, pas de long discours, vous avez des questions sur le cycle menstruel. J’ai des réponses, les voici !

Quelle est la durée normale du cycle menstruel ?

Partout dans les livres (et dans certains discours), on peut lire que le cycle menstruel dure 28 jours. En réalité, il s’agit d’une moyenne calculée, et comme toutes les moyennes, elle ne reflètent pas forcément la réalité de chacune. En vérité, seulement 13% des femmes ont un cycle qui dure 28 jours. Ce qui signifie que 87% des femmes ont un cycle d’une durée différente. On considère qu’un cycle est normal si la durée entre chaque 1er jour des règles (le 1er jour où on perd du sang rouge) est comprise entre 21 et 35 jours.

S’il est plus court ou, au contraire, plus long, il vaut mieux consulter un gynécologue ou une sage femme car le cycle menstruel est un excellent lanceur d’alerte et, sans forcément être grave, un dérèglement du cycle peut être le signe d’une maladie ou d’un dysfonctionnement du corps.

C’est pourquoi, il est important d’observer son corps et de noter les symptômes et ressentis. Cela va permettre de comprendre comment on fonctionne et de repérer les différences entre les moments du cycle, mais aussi les différences entre les cycles qui ne se ressemblent pas toujours.

Quel est l’âge moyen des 1ères règles ?

L’âge moyen d’arrivée des 1ères règles est de 12 ans et 4 mois. Mais encore une fois, il s’agit d’une moyenne calculée. Les 1ères règles peuvent arriver entre 10 et 17 ans, donc pas de panique si les règles arrivent avant ou après celles des copines. Nous sommes toutes différentes !

Il y a souvent un facteur génétique. C’est à dire que si une femme a eu ses 1ères règles très tôt, il y a de fortes chances pour que sa ou ses filles les aient également très tôt mais c’est juste un facteur donc, là encore, ce n’est pas systématique.

D’autre part, pendant les 2 premières années après l’arrivée des règles, les cycles sont souvent très irréguliers. Il est important de laisser au corps le temps de mettre en route notre système reproducteur. Bien souvent, on propose aux jeunes filles de prendre la pilule pour “régulariser” son cycle”. Ceci est une fausse bonne idée, puisque la prise d’hormones ne va pas régulariser le cycle mais créer un cycle artificiel sans ovulation. Donc le problème sera le même à l’arrêt de la contraception.

Autre information, en passant. D’une manière générale, les jeunes filles ont leurs règles de plus en plus tôt. Ceci à cause des perturbateurs endocriniens que l’on retrouve partout autour de nous, en particulier dans les aliments, et qui viennent, comme leur nom l’indique, perturber notre système hormonal, donc notamment notre cycle menstruel. D’où l’importance d’avoir une bonne alimentation équilibrée et de qualité pour favoriser un bon fonctionnement de notre cycle menstruel, ceci dès le plus jeune âge.

Enfin, il peut être intéressant de marquer ce moment important dans la vie d’une jeune fille. D’ailleurs, cela se fait beaucoup dans certaines traditions, qui vont même jusqu’à organiser de grandes fêtes autour des 1ères règles. Mais sans aller jusque là, si c’est trop gênant pour la jeune fille, qui n’a pas forcément envie que tout le monde soit au courant, ça peut-être tout simplement de lui offrir un petit cadeau, de passer un moment particulier avec elle. Afin de lui montrer que ses parents prennent en compte ce moment important pour elle et surtout sont là pour elle, si elle en a besoin.

Quelles peuvent être les raisons d’une absence de règles ?

Entre la puberté et la ménopause, une femme va avoir, en moyenne, plus de 400 cycles, donc plus de 400 fois ses règles. La venue régulière des menstruations fait partie des signes qui nous font penser que tout se passe normalement du côté de notre système reproducteur. Mais ce n’est pas toujours le cas et certaines femmes n’ont plus leurs règles pendant plusieurs mois. On parle alors d’aménorrhée.

Alors quelles sont les raisons qui peuvent expliquer une absence de règles ?

  • La 1ère, celle qui vient le plus spontanément à l’esprit, est la grossesse. En effet, la présence d’un embryon, puis d’un fœtus dans l’utérus va, en général, empêcher la venue des règles.
  • Lorsqu’une femme allaite, bien souvent, elle n’a pas non plus ses règles. D’ailleurs l’allaitement, à condition qu’il soit exclusif et à la demande est reconnu par l’OMS comme un moyen de contraception, jusqu’au 6 mois de l’enfant.
  • Suivant l’âge de la femme, on peut également penser à la ménopause ou à la préménopause. La préménopause correspond à la période, souvent un peu chaotique, précédant la ménopause et pendant laquelle les menstruations peuvent être très irrégulières. C’est souvent le 1er signe qui indique la préménopause. On considère, en outre, qu’une femme est en ménopause lorsqu’elle n’a plus eu ses règles depuis au moins 1 an.

Ces raisons sont des causes “normales” ou du moins physiologiques de l’absence de règles. Toutefois, il existe d’autres causes qui peuvent être plus problématiques et qui doivent faire l’objet d’un suivi médical. Ce sont :

  • La prise de certains médicaments. Evidemment les contraceptifs oraux mais également d’autres médicaments (notamment des antidépresseurs ou des antipsychotiques) dont l’aménorrhée est un effet secondaire (pas toujours bien connu d’ailleurs).
  • Certains troubles gynécologiques, tels que le Syndrome des Ovaires Polykystiques, vont entrainer des perturbations de l’ovulation et donc une absence de règles.
  • Une aménorrhée hypothalamique : il s’agit d’une absence de règles depuis au mois 3 mois, sans qu’elle soit expliquée par un trouble gynécologique. Ce type d’aménorrhée est le plus souvent du à :
    • un niveau de stress élevé
    • une masse graisseuse trop faible, dans le cas d’anorexie ou même de sport à haut niveau. Dans ces cas, le corps considère qu’il n’est pas prêt, qu’il n’a pas les ressources suffisantes pour une grossesse, donc il bloque tout simplement l’ovulation.

On le voit bien, les règles, et de manière générale le cycle menstruel, est un excellent indicateur de notre état de santé. C’est pourquoi il est important de comprendre ce qui se joue dans notre corps, d’apprendre à repérer ces signes qui nous indiquent que tout va bien ou que, au contraire, quelque chose ne tourne pas rond.

Quels sont les types de protection que je peux utiliser pendant les règles ?

Si la perte de sang est tout à fait normal et même bénéfique (on peut considérer que c’est un moyen pour la femme d’évacuer les toxines, l’énergie, ce qui est devenu inutile), en pratique, cela peut se révéler très inconfortable et pas pratique du tout. En effet, ce sang libérateur, pas question de le laisser couler tout simplement le long de nos jambes ou, pire encore, tâcher nos beaux vêtements.

Qui n’a jamais connu l’angoisse de porter un joli pantalon blanc et de voir ses menstruations pointer le bout de leurs nez ? Ou bien de les voir arriver juste le jour où on a prévu d’aller à la piscine ?

Heureusement nous avons à notre disposition tout un arsenal de protections périodiques.

Soit dit en passant, tout le monde n’a pas cette chance et la précarité menstruelle est une vraie réalité, et pas seulement dans les pays pauvres.

D’ailleurs, connaissez-vous le budget moyen qu’une femme dépense en protection hygiénique dans sa vie ? Vous vous en doutez, ce budget est très variable selon la quantité de sang perdue, la durée du cycle, le type de protection utilisé…, et il n’y a pas de chiffre officiel, mais plusieurs estimations annoncent un budget entre 5 000 € et 10 000 €. Cela vaut le coup de se poser la question. D’autant plus que les différents types de protection ont des impacts très différents sur notre santé et sur l’environnement.

Alors quels sont les types de protection hygiéniques ?

  • serviettes hygiéniques jetables
  • tampons jetables
  • serviettes lavables, protection en tissu que l’on peut laver et donc réutiliser.
  • cup menstruelle, petite coupe en silicone que l’on place dans le vagin et qui permet de recueillir le sang, et que l’on peut réutiliser après l’avoir vidée et rincée
  • éponges, à placer dans le vagin et qui vont absorber le sang, elles peuvent également être réutilisées
  • culottes menstruelles, elles ont l’avantage de bien se maintenir en place et les nouveaux modèles sont confortables, discrèts et très absorbants
  • le flux libre instinctif. C’est un moyen de protection qui peut sembler étrange au premier abord et, pourtant, c’est sans doute le plus hygiénique, le plus écologique et le moins onéreux. En fait, on est toutes persuadées que le sang de nos règles coulent sans que l’on puisse le contrôler. Alors que, de la même façon que l’on a appris à se retenir de faire pipi, on peut apprendre à retenir son flux de sang et à le libérer lorsque l’on est aux toilettes. Cela demande un petit temps d’apprentissage et, c’est mieux d’être accompagnée pour comprendre les mécanismes mais c’est une méthode qu’il est intéressant de connaitre, ne serait ce que parce que ça bouscule nos croyances.

Voilà une 1ère série de questions / réponses sur le cycle menstruel. D’autres articles viendront compléter ce sujet aussi vaste qu’intéressant.

D’ailleurs, si vous avez des questions particulières, n’hésitez pas à les poser en commentaires. J’y répondrai dans les prochains articles.

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